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Son histoire
Rachel de Cochefilet Duchesse de Sully
1566 / 1659

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Née en 1562, Rachel de Cochefilet est issue de la petite noblesse du Perche. Elle se marie une première fois, en 1586, avec François Hurault de Châteaupers, un lointain parent de Maximilien de Béthune. Veuve, elle change de confession (elle est catholique, Maximilien est protestant) et épouse ce dernier, veuf lui aussi, en 1592. Pendant près de cinquante ans, elle sera sa collaboratrice la plus précieuse aux talents multiples ainsi que l’élément important d’un ménage bien assorti. 

De multiples talents

Rachel fait preuve de notables talents de négociatrice. Elle intervient plusieurs fois pour réconcilier des personnes brouillées : Henri IV et sa femme Marie de Médicis, mais aussi Maximilien et Catherine de Bourbon (sœur du roi). Lors du siège de Montmélian (Savoie) en 1600, alors que les négociations piétinent, elle se lie avec l’épouse du gouverneur. Cette amitié précieuse permet d’aboutir à la capitulation de la place.

Maximilien fait appel aux qualités de gestionnaire de sa femme pour l’aider à administrer ses nombreux biens (une dizaine de châteaux !). Il signe des procurations devant notaire lui accordant différents pouvoirs en son absence. Ainsi, elle renouvelle des baux, contrôle les comptes des fermiers, intente des procès pour percevoir des créances, nomme des officiers, entreprend des réparations diverses… En 1598, par exemple, elle dirige les travaux du château de Rosny (Yvelines). Elle manque même d’être ensevelie lors de la démolition d’un vieux bâtiment… Même si ses pouvoirs ne sont pas illimités, peu de membres de l’entourage de Maximilien ont bénéficié d’une telle confiance.

Un ménage uni

D’après le mémorialiste Tallemant des Réaux (à considérer prudemment), Rachel n’est pas très belle, mais on lui prête pourtant des amants et des écarts de conduite, tolérés par son mari… Même si quelques heurts ont existé entre les époux, inévitables avec deux caractères aussi forts, l’union entre eux est demeurée quasi-parfaite.

 

Le ménage peut s’enorgueillir d’avoir eu neuf enfants, ce qui est beaucoup au regard des conditions de naissance du temps (trois seulement ont atteint l’âge adulte). Maximilien appelle Rachel ma fille, expression évoquant un mélange d’affection et d’autorité protectrice. Une aimable complicité unit ce couple bien assorti. Rachel s’éteint en 1659, à un âge avancé mais incertain. Elle était alors veuve depuis près de dix-huit ans.
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